la lutte des pataxos

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la lutte des pataxos

Message  sam telam le Mar 11 Sep - 5:42

(prononcer patachos)
ICRA News


La 6ème Assemblée du Front de Résistance et de Lutte Pataxó s’est
réunie à Monte Pascoal fin août pour évaluer les problèmes suscités par
l’insuffisance de terres, qui porte atteinte à la subsistance et à la
culture de ce peuple.

L’histoire
des Pataxó et de leur déracinement remonte à 1861, date à laquelle ce
peuple et d’autres communautés indigènes ont été expulsés de leurs
terres par le gouvernement de la province de Bahia et réunis en une
seule localité.





Par la suite, les
Pataxó ont réussi à occuper une zone de la forêt atlantique qui
s’étendait entre le pied du mont Pascoal, le littoral, le fleuve
Cariaba et le fleuve Corumbau
. Ils ont trouvé refuge dans cette région, dénommée aujourd’hui Barra Velha, où ils ont réussi à rester relativement isolés.


Or, en 1961 le gouvernement fédéral a transformé les 22 500 hectares
qu’ils occupaient traditionnellement en unités de conservation de ce
qui est devenu désormais le Parc national du mont Pascoal. Les Pataxó en ont été violemment expulsés et, du jour au lendemain, ils ont été empêchés de circuler dans leur propre territoire.




Le reste de la Mata Atlántica, autrefois si vaste, a continué d’être
systématiquement détruit par des non-indigènes, tandis que les Pataxó
étaient privés de tout droit sur leurs propres terres, celles-ci ayant
été affectées, de force, à la préservation.


Le 19 août 1999, de nombreux indiens pataxó se sont réunis au pied de la montagne, ils ont déclaré que le mont Pascoal appartenait aux Pataxó et ils ont repris leur territoire, pour transformer
ce que les autorités appellent Parc national du mont Pascoal en un parc
indigène, territoire des Pataxó, pour le préserver et le récupérer
.


À d’autres endroits de Bahia, d’autres communautés indigènes pataxó ont
subi l’expulsion et luttent pour récupérer leurs terres ; c’est le cas
des familles pataxó de la municipalité de Prado, et des Pataxó-Hã-Hã-Hãe
de la région sud de l’État de Bahia, dont les territoires ancestraux
s’étendent sur 53 000 hectares de terres autrefois densément boisées et
actuellement illégalement occupées par des éleveurs et transformées en
pâturages et en plantations de cacaoyers
.

Harcelés par
les tensions permanentes découlant du manque de terres, par les
propositions de projets de “développement durable” qui ne font que
provoquer des tensions et des conflits intérieurs, les Pataxó se sont
réunis pour faire la déclaration suivante :







Nous, membres du Front de Résistance et de Lutte Pataxó, nous nous
sommes réunis les 17, 18 et 19 août 2007 en notre 6ème Assemblée au
mont Pascoal, coeur de notre territoire. A cette assemblée ont assisté
les représentants des villages de Corumbauzinho, Tauá, Craveiro, Pequi,
Tibá, Alegria Nova, Aldeia Nova do Monte Pascoal, Meio da Mata, Boca da
Mata et Cassiana, ainsi que ceux de nos alliés Anaí, Cimi, Cese,
Cepedes, Syndicat bancaire, CUT-Bahia et Fetag, de l’organisation
indigène Apoinme et des communautés Coroa Vermelha, Tupinambá da Serra
do Padeiro et Pataxó Hã Hã Hãe. Après avoir évalué la situation de
notre territoire et les difficultés auxquelles nous nous heurtons par
suite du manque de terres suffisantes pour garantir la durabilité, la
mise en valeur et le renforcement de notre culture, nous déclarons et
nous revendiquons ce qui suit :





1 – La démarcation immédiate de notre territoire en tant que zone continue, en respectant nos droits historiques.
Nous avons décidé de lancer une campagne internationale pour la
démarcation de notre territoire. Nous n’acceptons aucun genre de
négociation dont l’objectif soit de réduire notre territoire, et nous
dénonçons les poursuites et les accusations contre nos leaders qui
luttent pour nos droits légitimes.
2 – Une politique spécifique
qui garantisse la durabilité de nos communautés, ainsi que la sécurité
alimentaire de notre peuple.

3 – La garantie d’une politique de santé qui respecte la diversité et
la spécificité de notre peuple, comme prévu par la Constitution
fédérale, avec des services médicaux et hospitaliers efficaces mais
dans le respect des pratiques médicales traditionnelles.

4 – Une politique d’éducation spécifique, qui respecte notre réalité
socioculturelle, avec construction d’écoles et équipements, matériels
didactiques appropriés, formation de nos professeurs avec la
participation des communautés à la définition d’une éducation
différenciée, communautaire et de bonne qualité.




5 – La formulation immédiate d’une politique de logement et d’assainissement de base, en tant que droit de l’homme.




6 – Nous exigeons
l’élimination de la monoculture de l’eucalyptus et de toute autre
monoculture sur nos terres, et nous réaffirmons notre engagement avec
la défense de l’environnement et l’autogestion de notre territoire
.


Considérant la dure réalité que nous vivons depuis des années, en
combattant les politiques de négation de notre identité et de nos
droits sur notre territoire, la discrimination et l’exclusion sociale,
nous affirmons que nous continuerons de résister à toutes les formes
d’injustice contre notre peuple et contre les secteurs exploités et
exclus de notre société tels que les quilombolas (afro-brésiliens), les
travailleurs sans terre, les petits agriculteurs, les pêcheurs et
d’autres. Nous exigeons que nos revendications soient prises en compte
comme preuve de respect des droits que la constitution nous garantit.





Pour la justice et la démarcation de notre territoire unique du mont Pascoal : nous avancerons !





Monte Pascoal, le 19 août 2007



info : wrm.org.uy


©jorge jacinto

NB:
quilombolas vient de quilombo, qui peut se traduire par "maquis" au sens de resistance, les quilombos etaient les refuges des negres marrons , auto emancipés de l' esclavage.
La place XI à Rio où debouche l' avenue du sambadrome (là où defilent les ecoles de samba pendant la semaine du mardi gras et du mercredi des cendres) est habitée par une statue du Zumbi, le premier negre marron....ainsi le samba a tjrs été une forme de resistance sociale aux pouvoirs , le défilé, initialement était une manifestation de commemoration de l' émancipation de l' esclavage....

sam telam

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Re: la lutte des pataxos

Message  Gotch le Mar 11 Sep - 7:19

Le Brésil a encore bien du mal à constituer une véritable démocratie! D'ailleurs, les assassins de la forêt amazonienne ne se gênent pas pour déborder en Guyane française, à la recherche de l'or par exemple...

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