le benchmarking

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le benchmarking

Message  sam telam le Dim 26 Aoû - 9:18

Nicolas Sarkozy n'aime pas la théorie





Nicolas Sarkozy l’a affirmé le 29 juin 2007 : pour
trouver les solutions au problème d'emploi et de croissance, «inutile
de réinventer le fil à couper le beurre. Toutes ces théories
économiques... moi-même, parfois je suis un peu perdu. Ce que je veux
c'est que les choses marchent».
Mieux vaut, selon lui, faire du benchmarking, cette méthode qui consiste à regarder ce que font les
autres pays.




Je
passe sur le caractère populiste de cette déclaration (NS veut «que les
choses marchent», sous-entendu, «les autres politiques veulent que les
choses ne marchent pas» ? ; il disqualifie également à l'avance les
analyses de tous les intellectuels – très vendeur, tout cela... optimum avait posté un petit billet suite à ces déclarations, un brin énervé ; idem pour les éconoclastes, encore plus laconiques : c'est vrai qu'on peut difficilement faire pire...) pour me concentrer sur le benchmarking.





Le
principe de base du benchmarking est aussi simple que puissant : il
consiste à observer les performances d’un échantillon de pays, repérer
le pays qui obtient les meilleures performances, puis identifier les
mesures de politique économique qui sous-tendent ces performances, pour
enfin les imiter. En
procédant de la sorte, on se débarrasse de toute accusation de biais
idéologique : il ne s’agit plus de déduire de la théorie des
préconisations en termes de politique économique, mais d’adopter une
posture pragmatique (comme le répètent à l’envi certains leaders de
l’UMP), en faisant parler les faits et en s’en remettant aux données
pour légitimer son action.


Démarche
séduisante, donc, mais qui pose de sérieux problèmes : il faut imiter
le meilleur pays, certes, mais lequel choisir ? Les Etats-Unis ? Le
Royaume-Uni ? L’Allemagne ? Le Danemark ? Le choix n’est pas si réduit
que cela… Regardons les données, me dira-t-on. Certes, mais quelles
données ? Les taux de croissance ? Les niveaux de vie ? Les taux de
chômage ? La proportion de travailleurs pauvres ? L’évolution du solde
commercial ? En fonction de l’indicateur utilisé, les résultats
risquent d’être profondément modifiés… Une combinaison de ces données,
pourrait-on proposer. D’accord, mais s’il s’agit de bâtir un indicateur
composite, le problème n’est que déplacé : quels indicateurs
élémentaires inclut-on ? Comment peut-on les pondérer ? Là encore,
diversité des choix possibles et des résultats obtenus…




Et,
en supposant que ces premiers problèmes soient réglés, il convient
ensuite d’identifier les politiques explicatives de ces performances,
ce qui est sans doute encore moins simple : dans l’ensemble des mesures
prises, lesquelles ont été les plus déterminantes ? Quelle période
d’observation faut-il couvrir ? Dans quelle mesure la reproduction de
ces politiques est-elle pertinente dans un autre contexte
institutionnel ? À une autre période ? etc.




Est-ce
à dire que tout exercice de benchmarking est voué à l’échec ? Pas
nécessairement. Disons qu’il existe un mauvais benchmarking, qui, au
pire, est révélateur de l’incompétence de celui qui l’exerce (roulons à gauche puisque les routes britanniques sont les plus sûres),
et au mieux, relève de la manipulation (définissons astucieusement
l’échantillon de pays, les indicateurs de performance et les mesures de
politique qui nous arrangent afin de dégager les conclusions auxquelles
nous souhaitions parvenir) [1].




Il
existe aussi, potentiellement au moins, un bon benchmarking. Dans
lequel le choix des indicateurs, des pays et des politiques à observer
résulte d’analyses économiques approfondies. Dans lequel les résultats
obtenus sont ensuite analysés à la lumière des théories économiques,
pour mieux comprendre les enchaînements à l’œuvre, mieux identifier les
complémentarités entre les politiques menées, et donc mieux évaluer la
pertinence de la reproduction de certaines des mesures prises. Un
benchmarking qui ne vise pas nécessairement à identifier le modèle
optimal, mais à se comparer pour mieux se comprendre.


Bref,
un benchmarking qui ne s’oppose pas aux théories économiques, comme le
suppose Nicolas Sarkozy, mais qui les complète, qui en découle et qui
les nourrit en retour.







[1]
Je crains que les discours autour de la TVA sociale relèvent plutôt
d’un mauvais benchmarking (par incompétence ou par manipulation ?
Peut-être un peu des deux…).

• Olivier Bouba Olga •














Rédigé le 07/07/2007 à 10:49 dans Olivier Bouba-Olga | Lien permanent

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Re: le benchmarking

Message  Invité le Mar 28 Aoû - 21:02

Je crains que les discours autour de la TVA sociale relèvent plutôt
d’un mauvais benchmarking (par incompétence ou par manipulation ?
Peut-être un peu des deux…).

Si on veut copier les Allemands je crains le pire.

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Re: le benchmarking

Message  Invité le Mar 28 Aoû - 21:29

vanemel a écrit:
Si on veut copier les Allemands je crains le pire.
Pour le moment on copie les allemands de 1933... Suspect

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Re: le benchmarking

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