Louise Michel...

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Louise Michel...

Message  clomani le Mar 3 Mar - 17:16

Extraits que j'ai reçus par e.mail... son livre s'appelait "Prise de possession"...

Extraits de "Prise de possession", de Louise Michel, Saint Denis, 1890



« Ce n’est pas que les misérables n’aient bien des fois
déjà tenté leur délivrance, mais c’était toujours dans une telle nuit
d’ignorance qu’ils s’écrasaient dans les issues sans pouvoir sortir ».

(...)

« Heureusement, on ne peut pas vivre les jours
d’autrefois et le vieux monde, pareil aux arbres cent fois séculaires,
va d’un instant à l’autre tomber en poussière. Le pouvoir est mort,
s’étant, comme les scorpions, tué lui-même ; le capital est une
fiction, puisque sans le travail il ne peut exister ,et ce n’est pas
souffrir pour la République qu’il faut, mais faire la République
sociale. »

(...)

« C’était très beau pour les Canaques de se dresser
contre l’artillerie moderne avec la sagaie, la fronde et quelques vieux
fusils à pierre obtenus par de longues années de louange à Nouméa. Mais
l’issue de la lutte ne pouvait être douteuse.

Eh bien, les bulletins de vote destinés à être emportés
par le vent avec les promesses des candidats ne valent pas mieux que
les sagaies contre les canons.

Pensez-vous, citoyens, que les gouvernants vous les
laisseraient, si vous pouviez vous en servir pour faire la révolution ?
Votre vote c’est la prière aux dieux sourds de toutes les mythologies,
quelque chose comme le rugissement du bœuf flairant l’abattoir, il
faudrait être bien niais pour y compter encore, de même qu’il ne
faudrait pas être dégoûté pour garder ses illusions sur le pouvoir, le
voyant à l’œuvre, il se dévoile, tant mieux. »

(...)

« Il y avait longtemps que les urnes s’engorgeaient et
se dégorgeaient périodiquement sans qu’il fut possible de prouver d’une
façon aussi incontestable que ces bouts de papier chargés, disait-on,
de la volonté populaire, et qu’on prétendait porter la foudre,ne
portent rien du tout.

La volonté du peuple ! Avec cela qu’on s’en soucie de
la volonté du peuple ! Si elle gêne on ne la suite pas ; voilà tout, on
prétend qu’elle est contre la loi et s’il n’en existe aucune, on en
fabrique ou en démarque à volonté comme les écrivains sans imagination
d »marquent un chapitre de roman. »

(...)

« Il est probable que dans l‘enfance de l’humanité, les
premiers qui entourèrent un coin de terre cultivé par eux-mêmes ne le
firent que pour mettre à l’abri leur travail comme on range ses
outils ; il y avait alors place pour tous, dans l‘ignorance de tout et
la simplicité des besoins.

Aujourd’hui ce n’est pas son travail qu’on entoure de
barrières mais le travail des autres ; ce n’est pas ce qu’on sème, mais
ce que les autres ont semé depuis des milliers d’années qui sert vivre
somptueusement en ne faisant rien. »

(...)

« Comme l’anthropophagie a passé, passera le capital. Là est le cœur du vampire, c’est là qu’il faut frapper. »

(...)

« Prise de possession est plus exact qu’expropriation,
puisque expropriation impliquerait une exclusion des uns ou des autres,
ce qui en peut exister, le monde entier est à tous, chacun alors
prendra ce qui lui faut. »

(...)

« Ceux qui vivent de la bêtise humaine la cultivent si
largement qu’on se refuse de reconnaître des choses absolument
élémentaires. La propriété individuelle s’obstine à vivre malgré ses
résultats anti-sociaux, les crimes qu’elle cause de toutes parts,
crimes dont la centième partie seulement est connue, l’impossibilité de
vivre plus longtemps rivés aux misères éternelles ; l’effondrement des
sociétés financières par les vols qu’elles commettent- la danse macabre
des banques, les gaspillages des gouvernements affolés qui se feraient
volontiers entourer chacun par une armée pour protéger les
représentations propices et les festins des hommes de proie, toutes ces
turpitudes sont les derniers grincements de dents qui rient au nez des
misérables.

Une seule grève générale pourrait terminer, elle se
prépare sans autre meneurs que l’instinct de la vie – se révolter ou
mourir, pas d’autre alternative.

Cette première révolte de ceux qui ont toujours
souffert est semblable au suicide ; toute grève partielle peut être
considérée ainsi : patience ! elle se fera générale et elle n’aura pas
de ressources, pas de caisses de secours, rien, puisque le bénéfice n’a
jamais été pour les travailleurs – on sera donc porté à considérer
comme butin de guerre la nourriture, le vêtement, l’abri indispensable
à la vie. »

(....)

« Comme toujours, il y a des inconscients qui, crevant
de faim comme les autres, viennent se mettre en place de ceux qui font
grève, ils ont fait cela à Berne. Anglais, Allemands surtout Français ,
n’importe, c’Ets le temps ou d’un d’instant à l’autre les grèves de
noires se font rouges. »

(...)

« Mais la délivrance ne vient pas, c’est que tu l’implores au lieu de la prendre.

Nul n’a le droit d’asservir les autres, celui qui prend
sa liberté ne fait que reprendre ce qui lui appartient, le seul bien
véritable. »

(...)

« Pourtant ,si cela vous plaît, prolétaires du monde
entier, restez comme vous êtes- peut être aussi que dans une dizaine de
mille ans vous aurez réussi à hisser au pouvoir trois ou quatre des
vôtres ; ce qui vous fait espérer une majorité socialiste dans
vingt-cinq à trente mille ans.

Mais à mesure qu’ils entrent dans cette caverne
incrustative, tous sont revêtus de la même pétrification, peut être
aussi, camarades ,la comédie parlementaire vous amuse, et pour peu
qu’il vous plaise d’imiter le jeune Détulli, vous auriez une partie de
ce qu’il fallait à la ruine de la décadence, les spectacles, quant au
pain, n’y comptez pas.
Ne comptez pas non plus sur l’abri ».

(...)

« Les mioches ne sont pas plus heureux que les autres dans cette société de privilèges et d’iniquité.

Tout le monde les aime, les petits, c’est peut être simplement une mode.

La société aussi, la vieille gueuse, aime les enfants à
sa manière, à la façon dont des ogres flairant la chair fraîche ; tout
petits, petits, elle les élève dans des couveuses chauffées avec autant
de soin que pour des petits poulets à qui on doit couper la gorge ;
c’est que ces mioches-là, ce sont les poulets des privilégiés.

Si les parents meurent ou sont trop pauvres pour leur
donner la becquée, ce son eux qui la procureront, la becquée, aux
juges, qui les condamneront, dès l’âge de huit ans, plus petits peut
être, et plus tard encore, ils seront condamnés parce qu’ils l’ont été
une première fois. »

(....)

« Les urnes ont vomi assez de misères et de hontes.

Au vent les urnes, place à la sociale !

Le monde à l’humanité.

Le progrès sans fin et sans bornes.

L’égalité, l’harmonie universelle pour les hommes comme pour tout ce qui existe. »

_________________
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Pierre Desproges

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Re: Louise Michel...

Message  Invité le Mar 3 Mar - 18:08

Ouais, en fait c'est les communistes qui ont raison depuis le début... Gratte gratte

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Re: Louise Michel...

Message  gros branleur le Dim 8 Mar - 18:52

Louise Michel est une femme, une révoltée, une communarde. Tout le
monde connaît son nom : nul ne sait rien d'elle. Condamnée pour avoir
porté les armes contre les troupes de Bismarck puis celles de
Versailles, après son incarcération dans la forteresse de Rochefort,
Louise est déportée avec des milliers d'autres révolutionnaires sur la
lointaine... Nouvelle Calédonie, alors qu'à Paris, infatigable mais
isolé, le jeune parlementaire Georges Clemenceau se bat pour arracher
l'amnistie des Communards.
Institutrice, proche de Victor Hugo,
Louise va se révéler en déportation, une incroyable animatrice, une
résistante exemplaire. Tous les hommes l'admirent. Non seulement elle
raffermit le courage de ses camarades de détention, mais encore elle se
lie aux habitants de l'île, les Kanaks. Elle leur enseigne le Français,
découvre leurs coutumes, leur identité et se solidarise activement avec
eux lorsqu'ils se révoltent contre l'ordre colonial. Son anarchie n'est
pas idéologique, mais un comportement moral, un obstiné refus de
l'injustice et des discriminations. Elle terminera sa détention en
enseignant dans une école rassemblant à Nouméa des enfants Kanaks et
Caldoches dans la même classe.
A Paris comme à Nouméa, l'histoire de Louise, c'est celle d'une rebelle.


L'an dernier, Solveig Anspach lui a consacré un téléfim de 90 minutes pour France2 avec Sylvie Testud dans le rôle titre.
Je ne sais pas quand France2 le diffusera, leur site n'en parle pas.
Je guette d'autant plus sa diffusion qu'un de mes potes éxilé (volontaire) en Kanaky y tient un petit rôle...
(Ne pas confondre avec le film de Delépine et Kervern intitulé lui aussi Louise Michel avec Yolande Moreau dans le rôle principal qui semble être une satire sociale un peu trash dans le droit fil du bon goût grolandais)

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