Là-bas, aux confins de l'Indu-Kush... une tribu qui résiste

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Là-bas, aux confins de l'Indu-Kush... une tribu qui résiste

Message  clomani le Ven 29 Aoû - 10:08

J'ai bien aimé lire CET ARTICLE
sur Libé.
Ca m'a rendu un peu triste... parce que j'aime bien les ethnies buveuses de vin Clin d'oeil .
Une ethnie qui fait des libations, dont les femmes montrent leur visage, aux confins de l'Indu Kush, au Pakistan... là où on est de moins en moins libre de choisir ou pas d'être musulman.

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Les étrangers basanés font rien qu'à nous empêcher de dormir en vidant bruyamment nos poubelles dès l'aube alors que, tous les médecins vous le diront, le blanc a besoin de sommeil.

Pierre Desproges

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Re: Là-bas, aux confins de l'Indu-Kush... une tribu qui résiste

Message  Invité le Ven 29 Aoû - 10:22

Ce qu'il y a de sûr c'est que dans certaines vallées d'Afghanistan et du Pakistan, il y a des statues représentant Alexandre le Grand. Avant l'arrivée de l'Islam, Alexandre était vénéré comme un Dieu dans certains endroits.
Alors ce peuple, descendant ou pas des grecs, a pu adopter certaines coutumes et les garder jusqu'à aujourd'hui.

C'ets quand même étonnant de voir comment Alexandre, qui a commencé ses conquêtes à 20 ans et qui est mort à 33 ans, a laissé des traces un peu partout..

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Re: Là-bas, aux confins de l'Indu-Kush... une tribu qui résiste

Message  Gotch le Ven 29 Aoû - 10:28

Gardons ce témoignage ici, c'est précieux.

jeunesse d'un tour du monde


Pakistan



Le Royaume des Infidèles

Wazir Zada tient dans sa main le quotidien de Chitral, une petite ville
au nord du Pakistan : «Oussama Ben Laden n’est pas Chitral, selon la
police pakistanaise», titre en première page le journal. «Ce genre de
nouvelles, c’est un signe que la région se radicalise», dit Wazir...
26 JUIN 2008
texte:
Nicolas Autheman


«Dans la vallée de la Kunar, de l’autre côté, on parle maintenant de
l’arrivée des Talibans. Cela devient dangereux de passer par-là. Il y
aura de plus en plus de pression pour se convertir»,
conclut-il attristé.
Parti étudier à Peshawar, la capitale de la région de la North West
Frontier Province, Wazir Zada est revenu à Chitral -situé à trois cents
kilomètres au nord- pour le Chawmos. «Le
Chawmos est notre plus grande célébration. Ce jour là, au moment du
solstice d’hiver, les dieux descendent des cimes des montagnes et les
fées apparaissent»,
précise-t-il.

Car Wazir Zada, Pakistanais, n’est pas musulman comme l’écrasante
majorité de ses concitoyens. Au fond des vallées perdues de la chaîne
de l’Hindou-Kouch, entre l’Afghanistan et le Pakistan, Wazir fait
partie d’une minorité qui a réussi à préserver le souvenir des dieux
anciens : Les Kalash. Wazir est ainsi l’un des derniers habitants du
Kâfiristân, signifiant littéralement le royaume des infidèles.

Croire au fées
Les Kalash, aux traits clairs et aux yeux bleus, croient aux fées,
vénèrent d’innombrables dieux et esprits, produisent du vin pour leur
consommation et leur libation, refusent de voiler les femmes. A
quelques vallées des zones tribales et des Talibans, les Kalash
perdurent ainsi pour leurs voisins musulmans dans «l’inacceptable
état de paganisme, attachés à une idolâtrie qui les vouent à la damnation»,

écrit Jean-Yves Loude, l’un des rares ethnologues à avoir pu étudier
leur système religieux. Leur origine suscite encore de nombreuses
controverses. Pour certains spécialistes, les Kalash seraient les
descendants des colons de l’armée d’Alexandre le Grand lors de son
passage jusqu’à l’Indus, il y a près de 25 siècles. Cette origine
grecque expliquerait ainsi leurs rituels «dionysiaques».

Rejoindre ce «Royaume des infidèles» en plein hiver n’est pas aisé.
Après une semaine d’attente à Peshawar, il faut que le ciel se dégage
pour que le C-130 de l’armée pakistanaise puisse atterrir sur le
minuscule aéroport de Chitral. Chitral est la seule ville au nord du
Pakistan à partir de laquelle il est possible d’atteindre les vallées
Kalash. La route est fermée plus de six mois par an en raison de la
neige. A l’atterrissage, un avion encastré au bout de la piste après
son accident il y a quelques années, rappelle que l’accès aux vallées
reste toujours incertain.

Wazir habite à Rumbur, l’une des trois dernières vallées kalash. Son
village, Chutguru, est composé de sept maisons aux toits plats,
attenantes les unes aux autres. Au-dessous coule une rivière glacée
servant à puiser l’eau et nettoyer le linge. Au-dessus, les bergeries
et les troupeaux de chèvres constituent la richesse et la principale
source de nourriture de sa famille. «Nous sommes le clan des Multeemir,
du nom de notre ancêtre commun, il y a sept générations»,
précise Wazir.
«Ici vivent mes quatre frères et mes trois petites sœurs. Mon père, Bashgali
Khan est le chef du clan. C’est lui qui s’occupe des bergeries».
Son
jeune frère Jehangir a été désigné berger. Les femmes portent de larges
robes colorées ainsi qu’une coiffe de coquillages et de perles rouges.
Il n’y a ni voiles ni burqas chez les femmes Kalash.

Retrouvaille
L’appel du muezzin résonne pourtant tous les jours à Chutguru.
Une petite mosquée a été implantée au milieu des vallées il y a
quelques années. «Ils mettent les haut- parleurs très fort, il y a
de plus en plus de familles qui se convertissent, pour travailler hors
des vallées»,
nous dit Wazir. «L’été dernier, nous avons
essayé de couper les fils des haut-parleurs, mais il n’y a pas
grand-chose à faire. Quand je vais à Peshawar, je ne dis pas à mes amis
que je suis Kalash, je fais semblant d’être musulman. Le gouvernement
pakistanais a aujourd’hui d’autres problèmes à régler que de nous
protéger. Il n’arrive même pas à protéger ses propres politiques,
regardez Benazir Bhutto»
ajoute-il sans ironie.

Wazir célèbre les retrouvailles avec sa famille en buvant du vin, tiré
de vignes locales. Ce vin - au goût âcre et à la robe claire- fermente
le reste de l’année. «Nous
gagnons de l’argent comme ça, en le vendant aux musulmans de Chitral
qui viennent chez nous pour boire. Tout le monde boit dans la région.
Beaucoup de musulmans ici sont hypocrites. Ce fut même une des
traditions, avant que ne s’impose l’Islam»,
ajoute Wazir. «C’est aussi cela
qui suscite la colère des radicaux. Pour eux le vin est interdit».


Le Chawmos dure plusieurs jours, jusqu’à l’apothéose du solstice d’hiver.
Les Kalash chantent ce soir-là le souvenir des «temps mélangés»
dans lesquels vivaient ensemble les hommes et les dieux. On y parle
aussi beaucoup de rencontres amoureuses, les jeunes Kalash identifiant
dans les histoires des esprits ou des fées celles de leur propre amour
avivé par le vin. Pendant cette période particulière, les Kalash
s’interdisent d’avoir le moindre contact physique avec des musulmans,
considérés comme impurs.

Dans certaines familles, les conversions à l’Islam provoquent parfois des situations
frôlant l’absurde : «Je connais une famille à Rumbur où les parents se sont convertis et pas
leurs enfants. Alors pendant le Chawmos ils ne doivent pas se toucher,
mais c’est très dur car ils vivent dans la même pièce. La mère est
voilée, mais les filles, elles, gardent la coiffe traditionnelle»,
dit Wazir.

Chèvres sacrifiées
L’oncle de Wazir s’est lui converti il y a quelques années.
Travaillant tous les jours à Chitral, il a subi la pression des
habitants et fini par céder. Aujourd’hui, il arbore une longue barbe
grise et doit rester seul chez lui. Il a refusé de se marier pour ne
pas convertir une autre Kalash. «Nous étions cinquante mille au début
du siècle. Nous ne sommes plus que trois mille aujourd’hui»
ajoute Wazir.

Le dernier jour du Chawmos, les hommes et les jeunes garçons se rendent
ensemble au milieu d’une grande clairière isolée : le sanctuaire des
Dieux , Sojigor. Dans le creux des arbres baignés d’une douce lumière
hivernale, de petites idoles sculptées témoignent du caractère sacré de
l’endroit. Les hommes, réunis enfin en cercle, brûlent des branches de
genévriers avant de sacrifier sur un autel de pierre de nombreuses
chèvres aux divinités, appelant aux bons auspices des dieux et des
esprits de la nature. Aux prières succède un certain recueillement, ne
laissant, une fois les hommes partis, que les pierres maculées de sang
et la mémoire de rites venus de temps immémoriaux.

Quelques jours plus tard a lieu à Birir, la plus éloignée des vallées
Kalash, l’enterrement d’un chef de clan. Au milieu de la Jestak Han, la
maison des lignages ornée de têtes de chevaux en bois, se déroule un
gigantesque banquet en l’honneur du défunt. Des dizaines de chèvres
sont sacrifiées, des larges bols de vin passent de main en main.
Augusto Cacopardo, un ethnologue italien qui étudie les cultures de la
région depuis vingt ans assiste lui aussi à cette cérémonie. «Je
suis revenu parce que je croyais que leur culture allait à jamais
disparaître et je voulais qu’il reste une trace quelque part. Cet hiver
était sûrement l’une des dernières occasions de voir le monde ancien»,
dit-il.
«Car les Kalash ont tendance aujourd’hui à se folkloriser. Ils oublient peu
à peu leurs légendes, n’en gardant que les grands traits. Mais tout
cela a autant à voir avec l’influence musulmane qu’avec une certaine
fatalité du monde moderne».

Quant à leur origine grecque qui suscite l’attrait des voyageurs, Augusto donne une réponse inattendue:
«Vous savez pour moi, ce mythe d’Alexandre, c’est un moyen de susciter
l’attention de la communauté internationale face aux conversions
forcées. Les Kalash ont très intelligemment compris que les Occidentaux
ont besoin de s’identifier à eux s’ils voulaient être aidés. Le
gouvernement grec a même constitué un fond de soutien. Le Pakistan en
soi n’intéresse personne, le pays a une image déplorable. Ce mythe sert
autant le gouvernement pakistanais qui veut se donner bonne conscience
en protégeant les minorités que les Grecs en manque de diplomatie et
les Kalash en manque de reconnaissance. Non, pour moi les Kalash ne
descendent pas des Grecs. En ethnologie, il y a un moyen très simple de
savoir: la langue. La langue des Kalash ne provient pas du grec».


Puis, regardant profondément le mort allongé dans son linceul, il conclut,
presque triste: «vous savez, c’est quand nous ne savons plus vraiment où
nous allons que nous éprouvons le besoin d’inventer nos origines.»

Gotch

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Message  sam telam le Ven 29 Aoû - 11:01

Chitral, un des meilleurs tétrahydrocan' du monde.....bel article...à déguster en paix... bob

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