Palestine : une analyse

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Palestine : une analyse

Message  Gotch le Lun 28 Juil - 9:20

Alors instruisez-vous un peu pour savoir quel est l’état des lieux
et comment agir. Alan Woods et la Tendance Marxiste Internationale vous
l’offre gracieusement.
» La question palestinienne
La question palestinienne est au cœur de l’instabilité du
Moyen-Orient, qui, pour des raisons économiques et stratégiques, est
une région clé pour la politique extérieure américaine. Depuis des
décennies, la question palestinienne est comme une plaie purulente qui
empoisonne les relations entre les différents Etats de la région, et
qui porte en elle le risque de conflits, de terrorisme, d’instabilité
et de guerres.
Après la chute de l’Union Soviétique, les impérialistes américains
ont cherché (a)à étendre leur influence dans les pays arabes. Pour ce
faire, ils étaient prêts à exercer des pressions sur Israël – dans
certaines limites – pour qu’il fasse des concessions. Cela a mené aux
pourparlers de Camp David et aux accords de Madrid et d’Oslo, qui ont
dessiné un territoire palestinien tronqué. C’était une caricature
pathétique, qui en aucune manière ne pouvait satisfaire les aspirations
nationales des Palestiniens. Personne, d’ailleurs, n’en était satisfait.
Le résultat fut davantage de violence, de terrorisme, de chaos, de
conflits – et une scission ouverte dans les rangs des Palestiniens, le
Hamas prenant le contrôle de Gaza. Il y a des éléments de guerre
civile. La crise à Gaza est une guerre civile enter le Hamas et l’OLP de Abbas.
Le retrait israélien de Gaza était un mouvement tactique destiné à
renforcer l’étau sur la Cisjordanie. Le cynisme des impérialistes
(américains et européens) est apparu clairement lorsqu’ils ont suspendu
l’aide au gouvernement du Hamas – qui, quoiqu’on en pense, a été
démocratiquement élu. Dès qu’a éclaté le conflit entre Mahmoud Abbas et
le Hamas, les impérialistes ont restauré l’aide financière pour la
Cisjordanie et leur agent Abbas. Ils cherchent à diviser les
Palestiniens et à empêcher leur lutte d’aboutir.
La classe dirigeante israélienne regarde avec satisfaction les
Palestiniens se battre entre eux – et, de temps à autre, envoie les
tanks ou resserre l’étau économique pour rappeler qui est le patron.
C’est un cauchemar pour les masses palestiniennes, qui ne voient aucune
issue. La tactique du Hamas ne règle rien, et ne fait que renforcer la
position des impérialistes israéliens, leur fournissant des excuses
pour des nouvelles agressions et répressions.
Le slogan de la classe dirigeante israélienne est : ce qu’on a, on
le garde. Les Sionistes n’ont aucune intention de faire des concessions
importantes. Le Hamas se vante d’avoir chassé l’armée israélienne de
Gaza. C’est une plaisanterie. Les Israéliens se sont retirés de Gaza
pour faire taire les critiques internationales et donner l’impression
de faire une concession importante. En réalité, ils ne sont pas
intéressés par Gaza. Et dans le même temps, ils ont renforcé leur
emprise sur la Cisjordanie. C’est la question décisive.
Les Israéliens ont continué de construire le mur monstrueux qui
découpe la Cisjordanie. Au passage, ils emportent de larges morceaux de
terre, sous des prétextes de « sécurité ». Les colons sont de plus en
plus audacieux et insolents. Après les incidents de Gaza, aucun
gouvernement israélien ne voudra se confronter aux colons
de Cisjordanie.
Il y a ensuite (la) le problème de Jérusalem, que les Juifs et les
Arabes revendiquent comme leur capitale divine. Par ailleurs, il est
hors de question, pour Israël, d’accepter le retour des réfugiés
palestiniens expulsés de chez eux depuis 1948, car cela
déséquilibrerait complètement l’équilibre démographique de « l’Etat
juif ».
Israël et les Etats-Unis ont un intérêt à parvenir à une sorte
d’accord sur la question palestinienne. Dans cette mesure, ils peuvent
négocier et négocier encore. Mais quel que soit l’accord trouvé, il(s)
sera contraire aux intérêts des Palestiniens.
Ils ont fait du « dirigeant » palestinien Mahmoud Abbas leur
laquais. Il signe tout ce qu’ils lui demandent de signer. Mais ce n’est
pas si facile ! Abbas, comme tout le monde, aimerait vivre encore un
certain temps, et il a également peur de perdre encore plus de soutien
parmi les masses palestiniennes. Il ne peut se permettre de capituler
de façon trop ouverte. Mais en fin de compte, il n’aura pas le choix.
Le sommet d’Annapolis n’a rien résolu. Après quatre mois de
discussions au sujet de discussions, Condoleeza Rice n’est pas parvenue
à obtenir ce dont Abbas avait besoin : une sorte d’accord sur la
création d’un Etat palestinien.
Un problème insoluble
Les Etats-Unis sont supposés veiller à l’application de la « feuille
de route » de 2003, suivant laquelle Israël devait geler
l’établissement de nouvelles colonies en Cisjordanie – et l’Autorité
Palestinienne prendre des mesures contre les militants qui
attaquent Israël.
Cela signifie que les deux parties en conflit ont donné aux
Etats-Unis le rôle d’arbitre. Cela a été présenté comme une victoire
pour les Palestiniens, dans la mesure où jusqu’alors le rôle d’arbitre
revenait de facto à Israël. Cependant, il n’en résulte pas de
changements fondamentaux. Dans un match de football, l’arbitre est
supposé être neutre, et de cette neutralité découle son autorité. Mais
dans le conflit israélo-palestinien, l’arbitre penche clairement pour
l’une des deux parties, et « l’arbitrage » ne vaut donc pas grand chose.
Le premier test est clair : que va faire Olmert de la centaine (et
plus) de colonies « illégales » établies par des colons extrémistes ?
La feuille de route demande qu’il en démantèle une soixantaine. Mais la
dernière tentative d’en démanteler une seule a provoqué des
affrontements violents entre la police et les colons qui, après avoir
perdu leur lutte pour rester dans la Bande de Gaza, en 2005, se sont
regroupés et se préparent à une confrontation.
Il n’est pas impossible qu’Olmert fasse pression sur les colons (ce
sont de simples pions sur l’échiquier, et des pions peuvent toujours
être sacrifiés pour des objectifs plus importants). Mais un
démantèlement global des colonies en Cisjordanie est impensable. Les
colons sont des fanatiques parfaitement capables de provoquer des
troubles sérieux aussi bien en Cisjordanie qu’en Israël – et aucun
gouvernement israélien ne courra (la) le risque d’une telle
déstabilisation. En conséquence, la question des colonies ne sera pas
réglée, et elle constituera une provocation permanente à l’égard
des Palestiniens.
Les Etats-Unis ont appointé un général, James Jones, comme émissaire
à la sécurité pour l’Autorité Palestinienne. Cela ne changera pas grand
chose. Et il est clair qu’Israël ne lui facilitera pas la tâche. Comme
l’a déclaré un officiel israélien, l’idée qu’Olmert puisse geler la
construction de colonies – conformément à la « feuille de route » – est
un « opportun malentendu ». Cela exprime bien la vacuité de la
diplomatie américaine. De fait, toute l’affaire est précisément cela :
un opportun malentendu.
L’ « arbitre » sera implacable sur un point : la répression des
militants. Les grosses sommes d’argent que les Etats-Unis envoient à
l’Autorité Palestinienne sont conditionnées à cela. Les Américains
attendent d’Abbas qu’il écrase les militants palestiniens, de façon à
préparer le terrain à un « accord » qui sera en-(deça) deçà des
aspirations palestiniennes. C’est pour cette raison que Washington arme
l’Autorité Palestinienne et entraîne ses forces de sécurité. Ils se
préparent à une guerre civile qu’ils savent inévitable.
L’interprétation israélienne de la « feuille de route » est la
suivante : aucun accord ne prendra effet tant que l’Autorité
Palestinienne n’aura pas démantelé les groupes terroristes. Mais Abbas
ne peut pas aller aussi loin : il craint qu’un conflit sérieux avec le
Hamas ne provoque un effondrement complet de ses forces armées. C’est
pourquoi Abbas insiste sur le fait qu’il lui suffit simplement de
commencer à « restaurer l’ordre ».
En conséquence, les récents pourparlers n’ont rien réglé – et ne
pouvaient rien régler. C’est un conflit trop profond et intense pour
être réglé par des négociations. Et même si les négociations
reprennent, comment pourraient-elles régler des questions aussi
importantes que les frontières de l’Etat palestinien, la division de
Jérusalem, le sort des 4,5 millions de réfugiés, le partage des
ressources en eau, etc. ?
Olmert fera juste les concessions nécessaires pour que le
« processus de paix » se poursuive, de façon à ne pas contrarier les
Américains. Mais il ne fera pas de concessions trop importantes, de
façon à ne pas rompre avec l’aile droite de sa coalition. Les partis de
droite ont clairement fait comprendre qu’ils n’accepteront pas des
concessions sur les questions fondamentales. Par exemple, ils ont fait
voter au parlement un projet de loi qui entrave la possibilité de
concéder une partie de Jérusalem à l’Autorité Palestinienne.
De son côté, Abbas – qui a obtenu beaucoup moins qu’espéré aux
négociations d’Annapolis – court le risque d’être accusé de
capitulation par ses opposants. L’Autorité Palestinienne a violemment
réprimé des manifestations anti-Annapolis en Cisjordanie. C’est un
avertissement. Loin de déboucher sur un accord relatif à la création
d’un Etat palestinien, Annapolis débouchera sur de nouveaux bains de
sang et de nouveaux affrontements entre Palestiniens.
La seule issue
Dans de nombreux pays, la classe ouvrière reprend le chemin de la
lutte – après des années de découragement. On l’a vu avec les
impressionnantes vagues de grève en Egypte, mais aussi au Maroc, en
Jordanie, au Liban et en Israël même. Il faut mettre à l’ordre du jour
la lutte pour une politique de classe, la solidarité ouvrière
internationale et la lutte pour le socialisme comme seules véritables
solutions aux problèmes des masses.
Il est essentiel que la jeunesse révolutionnaire de Palestine le
comprenne. Si on acceptait l’idée que la société israélienne est un
seul bloc réactionnaire, la cause du peuple Palestinien serait
définitivement perdue. Mais ce n’est pas vrai ! En Israël, il y a des
riches et des pauvres, des exploiteurs et des exploités – comme dans
n’importe quel autre pays. Il faut travailler à la construction de
liens entre les révolutionnaires de Palestine et les masses
israéliennes – juives et arabes. C’est la seule façon de détacher les
masses de la classe dirigeante sioniste.
On nous dit que c’est impossible. C’est faux ! A plus d’une reprise,
par le passé, il y a eu des signes clairs que le message des
territoires occupés trouvait un écho parmi les masses d’Israël. A
l’époque du massacre des Palestiniens au Liban, il y avait d’énormes
manifestations de protestation, en Israël. Et lors de la première
Intifada, il y avait une effervescence évidente dans la société
israélienne, y compris dans les forces armées.
La tactique des attentats-suicide et des attaques à la roquette
contre des civils israéliens est mauvaise parce que contre-productive.
A chaque civil israélien tué, l’armée israélienne tue beaucoup plus de
Palestiniens. Le terrorisme individuel n’a aucun impact sur la machine
militaire israélienne. Par contre, il aide considérablement la classe
dirigeante et l’Etat israéliens. En poussant les masses vers l’Etat
sioniste, cette tactique renforce cela même qu’elle prétend détruire.
Nous nous battons pour une révolution socialiste au Moyen-Orient, en
Iran, dans le Golfe et en Afrique du Nord. Nous luttons contre
l’impérialisme – l’ennemi principal de tous les peuples. Mais nous
luttons aussi contre le capitalisme et la grande propriété terrienne –
qui sont les principaux agents de l’impérialisme. Nous sommes opposés
au fondamentalisme religieux, qui cherche à détourner les instincts
anti-impérialistes des masses vers l’impasse du fanatisme religieux et
de l’obscurantisme réactionnaire. Nous sommes pour le pouvoir ouvrier
et le socialisme – pour un nouvel ordre social qui exprime les intérêts
des masses. Nous sommes pour la création d’un Fédération Socialiste du
Moyen-Orient, qui garantira aux Arabes et aux Juifs un pays dans des
Républiques Socialistes Autonomes. C’est la seule voie ! »

Gotch

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Re: Palestine : une analyse

Message  Gotch le Lun 28 Juil - 9:23

Et aussi : un bouquin, qui vient de sortir!
http://www.bakchich.info/article4512.html

Gotch

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